Belfast (2014)

Quatrième extrait de l’album Black City Parade, Belfast débarque en février 2014, au milieu de la trêve du grand « Tour » de la ville noire.

Screen 1 BelfastIl faut noter que cette vidéo constitue une première dans la « clipographie » d’Indochine.

En effet, le clip ne retranscrit pas un scénario imaginé spécialement pour le morceau mais nous plonge directement au cœur d’images « live » provenant du Black City Tour 2.

Cela étant, il faut quand même souligner la très grande inspiration liée à Sylvia Plath pour ce morceau, étant précisé que celle-ci est présente dans le clip et sur la pochette du single.

Le texte reste très influencé par son écriture, sa vie, son existence, notamment à travers ses carnets intimes et le fameux recueil de poésie Ariel, paru en 1965, à titre posthume.

sylvia-plath-1Il est avéré que Nicola demeure très marqué par l’écriture de cet icône de la poésie. Une femme au génie bipolaire et au talent écrasé par l’état de la société qu’elle décrivait. Sylvia Plath ou la chronique d’un suicide annoncé. Bouleversant. Violemment poétique.

Pourquoi le titre Belfast ? Sans doute l’inspiration initiale de l’album : urbaine, colorée, dépaysante. Une véritable escapade électro.

Indochine n’avait encore jamais expérimenté l’exploitation d’un single studio agrémenté d’images « live ». Encore moins dans le cadre d’un album, lui aussi, studio.

Ce procédé existait déjà mais c’est évidemment la première chose à souligner pour ce clip.

BeLDj3ECcAAOTKHPersonne ne peut contester le fait que le cœur et l’essence même d’Indochine se trouve sur scène, avec son public.

Ce clip annonce aussi l’arrivée des futurs évènements « live », qui ne seront pas anodins, comme toujours avec ce groupe, lorsqu’il tourne.

Faut-il préciser que nous pensons aux dates du Stade de France des 27 et 28 juin 2014 ?

photoOn parle souvent de la relation spéciale qui existe entre Indochine et son public. Ce clip en est la preuve matérielle, bouleversante, vibrante.

Ce petit film pourrait d’ailleurs être perçu comme un hommage à ce « putain de public », à sa fidélité, à son dévouement.

Ce clip est conçu d’une manière qui permet de relater le déroulement d’un soir de concert avec l’entrée dans la salle, la projection d’images de concerts – notamment celles concernant Belfast – puis le concert en lui-même et enfin la sortie de la salle. Nous avons là une véritable structure narrative, inscrite dans un cadre qui imprime un réalisme certain aux images montrées.

screen 2 Belfast Screen 3 BelfastLe résultat est également bluffant car le montage est à la fois dynamique pour témoigner de toute la densité et l’intensité du show mais également suffisamment morcelé pour laisser planer un certain mystère sur le déroulement du concert.

Les images du concert se mêlent à des images d’archives (celles projetées sur les écrans durant le show). Elles renforcent le sentiment d’évasion que provoque Indochine, illustrant un imaginaire presque aérien constitué de paysages, de nature, d’arbres, de chevaux, de falaises, d’oiseaux, ou de routes…

Ces images semblent être des images d’archives de films expérimentaux, ceux que l’on retrouvent sur des vieilles pellicules Super 8 au fond de notre grenier avec un grain très présent, des couleurs chaudes à la fois délavées et saturées.

Ce n’est pas la première fois qu’Indochine utilise des images d’archives pour illustrer son univers. On peut aisément évoquer le clip de Little Dolls ou encore ceux de Republika ou Le Dernier Jour durant les concerts.

Screen 7 Belfast Screen 13 BelfastOn peut aussi évoquer l’utilisation d’un filtre « vintage », comme sur les images du concert d’Hanoï par exemple, pour justement suggérer cette idée de quelque chose de retrouvé, d’un souvenir…

Ces images retrouvées, avec le grain particulier qu’elles possèdent et les brûlures de la pellicule, entremêlées avec des images « live », forcément lumineusement colorées, assaisonnées d’un son très électro, semblent se mouvoir au rythme de la musique.

Indochine maîtrise à merveille ce curieux mariage entre images expérimentales et images « live ». Le travail du monteur vidéo est à souligner.

On peut aussi supposer l’influence que peut avoir un réseau comme Instagram, concernant la vision et la disposition des images vues par Nicola. Des images fortes et spontanées, capturées sur l’instant.

Les plans d’ensemble et l’utilisation du fish-eye permettent de rendre compte de la véritable bulle que constitue le concert, autant par son impact émotionnel que par son infrastructure.

L’utilisation de procédés d’accélération et ralentis d’images (qui détaillent les expressions corporelles et du visage) ou d’images identiques passées à plusieurs reprises, ou même de chevauchées entre hauteurs et vertiges, insistent aussi sur la profondeur affective d’un tel moment.

Les images sont aussi basées sur un rythme musical, avant d’être visuel. De nombreuses images d’applaudissements rythment le clip, ce qui renforce cette impression de communion, de fusion avec le public. Sans oublier la gestuelle caractéristique du chef d’orchestre incarné par un Nicola au charisme scénique plus que jamais saisissant et envoûtant.

Screen 8 Belfast Screen 5 BelfastLe clip offre aussi l’étendue de la palette des prouesses techniques réalisées pour la tournée, comme le lâché de ballons, les jeux de lumières, le gaz sur Wuppertal, le « serpent », ou même les feux d’artifices.

Il faut souligner l’impact qu’a pu avoir ce Black City Tour 2, au sein de la tournée actuelle. Il fut très bien conçu, excellemment bien monté, et bien sûr, magistralement exécuté.

Le concept du fameux « Serpent » a très bien fonctionné. Il constitue l’aboutissement technique rêvé depuis tant d’années par Nicola. Indochine a réussi à entrer directement en lien physique avec son public, comme s’il était parvenu à atteindre le paroxysme de l’interactivité pendant un concert.

C’est la concrétisation de ce rêve fou de vouloir embrasser le public, de pénétrer la foule, au sens propre, comme au sens figuré car Indochine, c’est l’amour, le contact, l’échange, le lien permanent…

Screen 24 Belfast Screen 18 BelfastCette vidéo est un condensé intense de ce que peut représenter un concert d’Indochine. L’énergie et l’émotion que véhiculent ce groupe constitue l’une des explications principales à cette fidélité si loyale du public et cette miraculeuse longévité du groupe.

Un moment important du clip se situe à 1’49 lorsque l’on superpose les enregistrements live et studio. On nous laisse augurer l’instant « live » du moment, la voix de Nicola et ce qui se passe sur le moment. Instant fulgurant, rapide, déjà passé.

L’immense fulgurance du temps en concert vient parfois instaurer une atmosphère presque dramatique de l’instant passé, perdu à jamais. Seuls resteront les souvenirs approximatifs de la mémoire. La sensation d’un instant vécu, impalpable mais qui ordonnera, au fer rouge, à notre inconscient de recommencer à s’évader en Indochine. Encore et encore. Un concert d’Indochine ne suffit pas, dix non plus. La perception temporelle se transforme en concert, entre contraction et dilatation. En somme, nous expérimentons la théorie de la relativité. Merci Albert.

Screen 4 BelfastLe bruit de la foule vient également électrifier le clip et les images, instants cruciaux de la folie passagère du concert, jusqu’au néant de notre lit du soir.

L’instant « coup de poing » se ressent très souvent aussi dans un concert d’Indochine. Du coup de poing final inséré dans le clip de Marilyn au coup de poing introductif du Stade de France version 2010, Nicola nous gratifie, ici, d’un coup de poing rageur dans un ballon lumineux à 3’35, en pleine reprise rythmique du morceau.

Indochine atteint un niveau sensoriel absolument patent durant un concert, de la première à la dernière second du show. Nous sommes dans un partage énergétique qui va jusqu’à engendrer des états de grâce, d’échanges, qui restent « spéciaux ».

Les images du clip qui illustrent les visages de fans sont assez éloquentes, pas besoin d’en dire plus à propos du sentiment procuré et ressenti. Le leitmotiv de cette tournée se mesure très bien : « Indochine, ça ne s’explique pas, ça se vit ».

Screen 16 BelfastEffectivement, d’un point de vue purement émotionnel, il est assez difficile de le retranscrire avec des mots. C’est trop spécial pour ça, trop intime, trop profond, trop rare, trop précieux…

Cet amour avec le groupe reste platonique sur la durée mais en concert, il se matérialise, il devient concret et palpable. Pour ceux qui ont eu la chance de vivre ce Black City Tour 2, Indochine nous invite dans son univers musical et scénique, comme il l’a toujours fait, mais grâce à ce « serpent » envoûtant, il nous plonge physiquement et visuellement, au centre de son imagerie esthétique.

Depuis trois décennies, Indochine aime à soigner son univers visuel. Sur scène, cet univers prend une autre dimension et les quatre dernières tournées n’ont fait que nous pousser toujours plus loin et plus fort dans cet échange et au cœur même de groupe, incarné aujourd’hui par ce Black City Tour et son aboutissement technique hors du commun.

L’émotion est également de mise pour le groupe, les images parlent aussi d’elles-mêmes. Il faut sans doute chercher longtemps pour trouver mieux qu’une telle décharge d’adrénaline lorsqu’une foule vous acclame et vous aime de la sorte…

Screen 27 Belfast Screen 25 Belfast Screen 9 BelfastDès le départ, cette tournée a été pensée en plusieurs dimensions, au moins trois. Il suffit d’étudier le logo de la tournée pour s’en convaincre et les propos de Nicola à propos de ce Black City Tour.

A noter que ce logo peut effectivement représenter l’arène du Stade de France. « Evidemment, évidemment… »

Voyons au-delà du logo et de ses ellipses lumineuses colorées.

Sans titre 1Ces trois dimensions se retrouvent aussi dans un concert du Black City Tour 2 :

Première dimension : Nicola fait le tour des gradins (première ellipse rotative colorée), avec une énergie tournante, pour établir ce contact direct avec le public « éloigné » mais jamais oublié. Nicola annonce la couleur.

Screen 39 BelfastDeuxième dimension : Le « Serpent », deuxième ellipse tournante colorée, qui nous encercle avec le groupe. Il n’est pas extravagant d’affirmer que pour les personnes s’étant retrouvées au milieu de cette fosse habitée par les images du groupe à 360 degrés, ces instants qui restent marquants, différents.

Quelle vidéo du « Serpent » pourrait mieux exprimer ce sentiment que celle de l’intro de l’Aventurier ? Nicola vient nous embrasser, nous prendre dans ses bras. Eblouissant, émouvant et surtout, pertinent, car l’idée vient se mêler à la technique.

Screen 29 BelfastTroisième dimension : Nicola s’approche encore davantage, fait le tour complet du premier rang de l’avancée (dernière ellipse lumineuse). Echanges de regards, contacts avec les mains. Emotion viscérale.

Ultime illustration de cette troisième dimension, du dernier cercle lumineux : La montée sur scène et la réalisation physique du câlin. Embrassade elliptique avec Nicola.

Evacuons d’emblée les pseudos-polémiques que ces épisodes peuvent créer, ce n’est pas le sujet et c’est inutile de s’appesantir sur la bêtise et la jalousie d’autrui.

Cette troisième et dernière dimension vient marquer l’apogée de la dimension physique de l’échange, de l’étreinte qu’Indochine nous offre. Le câlin final avec quelques fans constitue le dernier cercle lumineux du logo, l’ultime lien à partager avec eux…

Screen 22 BelfastLa forme ronde du logo nous invite à la continuité, à une lumière infinie, qui n’a pas de fin, qui ne s’arrête jamais…

Ce logo représente encore une fois la vie, le mouvement perpétuel chez Indochine.

Vous en aviez eu l’intuition ? IndoClips vous le confirme, cette tournée est multi-dimensionnelle à plus d’un titre…

Conclusion : Ce clip incarne et révèle l’extériorisation d’une véritable décharge émotionnelle voire même d’un défouloir, a fortiori pour ceux qui ont vécu ces instants et, bien sûr, pour le groupe. Un moment de vie intense et littéralement « extra-ordinaire », qui ne pourra jamais être ordinaire avec Indochine. L’espace d’un concert, la bulle indochinoise s’empare de nos sens, entouré d’images, embrassé par le groupe, touché par la grâce…

Screen 38 Belfast Screen 10 Belfast Screen 14 Belfast Screen 34 Belfast  Fin du clip. L’écran redevient noir, on peut éteindre. Concert terminé, repos addictif. Pour recommencer éternellement ?

Screen 15 Belfast Screen 33 Belfast

Vincent LALLIER et Guillaume TILLEAU

Titre original et réalisation : Belfast, Clément Chabault
Date de sortie d’origine : Février 2014
Durée : 4 minutes et 38 secondes
Album : Black City Parade (2013)
Artiste : Indochine
Label : Arista (P) 2014 pour Sony Music Entertainment France (C)

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