Memoria (2012)

En ce dimanche matin d’hiver, Indochine décide de nous offrir un réveil des plus doux et agréable en publiant, en avant-première exclusive, sur son site officiel, le clip tant attendu de Memoria.

Première surprise – et non des moindres – il s’agit d’une version rallongée. Les 4 minutes et 57 secondes du découpage single laissent place ici à une version de 6 minutes ! De nouvelles paroles font leur apparition.

Une nouvelle introduction où la musique commence plus tard, laissant d’abord place à la voix de Nicola. Délicate et élégante attitude du groupe, de nous faire découvrir un morceau en plusieurs étapes et en plusieurs versions : Le single, le clip et l’album. Logiquement, la longueur du titre sera chronologiquement croissante…

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Comme prévu, le clip se déroule dans les rues de Berlin, de nuit. On peut y retrouver Nicola, au volant d’une voiture, errant tel une âme en peine, à la recherche d’un amour perdu et vécu, mais qui reviendra peut-être. Tel le héros du film Drive, le regard de Nicola n’évoque, a priori, rien en particulier, mais il semble tellement mélancolique qu’il n’a pas besoin de faire autre chose pour évoquer un message.

Cette seule posture d’un Nicola isolé et abîmé, viscéralement triste mais néanmoins décidé, suffit à représenter une intense émotion.

Le texte évoque quand même pas mal d’espoir, comme s’il revenait pour « tout recommencer« , et retrouver, celle « que tu es, celle que tu étais…« . L’hypothèse d’un texte au sujet d’une histoire d’amour perdue semble tenir la corde. Mais, comme nous le disions précédemment, le texte a l’option multipiste. Nous en reparlerons lors de l’analyse complète du clip, dans un article spécialement dédié à cela.

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La réalisation d’Yves Bottalico est construite de manière très linéaire, on suit Nicola, conduisant dans la ville nocturne et on ne sait pas où il se dirige mais on suit cependant son trajet, pendant que ce dernier chante.

La voiture est son vaisseau, filmé de tous les angles, rien ne semble se démarquer de prime abord. Il est simplement intéressant de noter que le visage de Nicola n’est jamais filmé directement en gros plan, il y a toujours un élément qui vient se mettre entre la caméra et lui : un morceau de vitre, de voiture…

Il est continuellement filmé de manière à ce qu’on montre qu’il est dans la voiture. C’est-à-dire, dans une bulle, un espace-temps qui n’est pas le nôtre et qui rejoint un peu l’idée de ce morceau, qui pourrait ne jamais se terminer, avec son leitmotiv lancinant.

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Il est frappant de considérer que la simplicité de l’idée initiale (Nicola – regard triste – au volant d’un véhicule) peut être transposée par tous les fans. Beaucoup d’entre nous peut se prendre pour lui, dans sa propre voiture, et accompagner ce chant qui tourne sans jamais s’arrêter, qui transporte la pensée et perpétue la mélancolie d’un voyage bouleversant.

Cette proximité visuelle mais platonique est une belle illustration de la matérialisation d’un sentiment, d’une émotion bien réelle chez les personnes qui ressentent quelque chose de spécial pour ce groupe.

A 4 minutes et 30 secondes, un léger travelling droite-gauche nous permet de passer de derrière le pare-brise à l’intérieur de la voiture. La caméra s’arrête alors quelques secondes devant le visage immobilisé de Nicola qui regarde droit devant lui, comme s’il attendait ou regardait quelqu’un. Un champ sans contre-champ très troublant. L’un des moments forts du clip.

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Le point noir du clip est de ne pas offrir réellement de chute intéressante. A la fin, on croit comprendre que Nicola s’arrête, comme pour attendre quelqu’un. Serait-ce cette fille dont il parle dans la chanson ?

Nous n’aurons aucune explication, aucune piste d’ouverture pour la suite. Le clip se résume à une « ballade nocturne » relativement bien filmée, mais sans véritable scénario. Cela conforte l’idée de la propagation d’un sentiment, plus que d’une histoire cadrée et racontée.

On peut cependant imaginer qu’il arrive, « pas très fier » de lui dans une ville au sein de laquelle il a vécu et qu’il connaît très bien – « Je vide tout et je rentre chez moi… » – et qu’il n’est pas sûr de retrouver celle qu’il cherche et qu’il « prie fort pour » qu’elle veuille de lui. Comme un agissement précipité, dans l’action d’un mal-être trop prégnant pour permettre de réfléchir et de penser à autre chose que de succomber à cet instinct de retrouver l’amour…ou le désamour. L’adrénaline d’une émotion forte mais froide, teintée d’espoir et de désespoir, tout à l’image du morceau.

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Un gros travail a été effectué à la post-production, l’étalonnage est remarquable et offre des lumières et des couleurs sublimes à cette atmosphère nocturne qui en ressort presque plus lumineuse que sombre.

Quelle sera la réception du clip auprès du grand public ? Comment ce dernier va-t-il s’intégrer, avec son rythme relativement lent, dans une chaîne de clips ? Est-ce vraiment le but finalement ?

Restons donc à l’affût car différentes versions pourraient circuler et nous mettre en condition pour la venue d’un album toujours très attendu, qui se rapproche chaque jour un peu plus…

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Vincent LALLIER et Guillaume TILLEAU

Titre original et réalisation : Memoria, Yves Bottalico
Date de sortie d’origine : Décembre 2012
Durée : 6 minutes
Album : Black City Parade (2013)
Artiste : Indochine
Label : Arista (P) 2012 pour Sony Music Entertainment France (C)

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